29. Mai 2022

L'eau, c‘est l‘avenir

SUD-SOUDAN | SOUDAN
La vie dans les Nuba Mountains, au sud du Soudan, est très simple et très dure. L‘eau précieuse, denrée rare, est le pivot de la vie. Et permet l’instruction scolaire.

Le paysage montagneux des Nuba Mountains se situe dans la zone du Sahel, la transition entre le Sahara au nord et la savane sèche au sud. Les habitants vivent de ce qu‘ils trouvent dans la nature. Ils élèvent sporadiquement des chèvres, des poules et des cochons sauvages. Celui qui possède un manguier est riche : celui-ci donne de l‘ombre, porte des fruits comestibles et indique qu‘il y a de l‘eau à cet endroit.

Il n‘y a pratiquement pas de routes. Les gens sont très pauvres et marchent pendant des jours pour atteindre d‘autres endroits. Il est rare d‘apercevoir quelqu‘un sur un âne ou un chameau. Les hommes fabriquent des briques avec de la paille et de l‘argile et construisent les huttes d‘habitation. Les femmes parcourent des kilomètres avec des casseroles sur la tête, en pleine chaleur, pour aller chercher de l‘eau et du bois.

Occupation et avenir

Pour les enfants, il n‘y a pas grand-chose à faire. C‘est pourquoi ils acceptent avec reconnaissance l‘occupation utile que leur proposent nos onze écoles primaires et secondaires quelques heures par jour. Les enfants viennent volontiers. Le diplôme de nos écoles reconnues par les autorités leur permet de passer au niveau scolaire suivant et, en fin de compte, de poursuivre leurs études. Même les plus petits comprennent que c‘est leur chance d‘échapper un jour à la pauvreté.

Les quelques 150 enseignants de nos écoles pourraient enseigner ailleurs, là où la vie serait plus facile. Mais s‘ils sont ici, c‘est parce qu‘ils ne se contentent pas de fournir un travail, mais que leur mission est beaucoup plus large : ils investissent leur vie dans ces enfants et sont comme des parents pour eux. L‘enseignement chrétien commence par des prières et des chants. Les familles, pour la plupart musulmanes, le savent également. Mais les habitants de la région sont tolérants, si bien qu‘il n‘y a presque jamais de problèmes.

Beaucoup de marche, peu de nourriture
Les enfants viennent à pied, sachant qu‘un trajet de plusieurs heures n‘est pas rare ici. Un garçon arrive, le poing fermé. Qu‘est-ce qu‘il a enfermé dedans ? Quelques grains de céréales, son déjeuner. Et lorsqu‘il rentre chez lui le soir, il ne peut qu‘espérer qu‘il y aura un repas rassasiant pour lui. C‘est le quotidien de beaucoup de gens.

Les jeunes femmes des écoles secondaires sont exposées au risque d‘être agressées lorsqu‘elles prennent le chemin du retour le soir à travers la nature sauvage. C‘est pourquoi nous aménageons actuellement un dortoir dans l‘un de nos lycées afin que les étudiantes puissent y passer la nuit. Pour les enfants qui vivent dans des endroits très éloignés, nous prévoyons également une connexion Internet par satellite. Celle-ci doit permettre de suivre une formation scolaire à distance. En profiteront les élèves talentueux, comme celle-ci : une jeune femme, plutôt une adolescente de 15 ou 16 ans, arrive à l‘école avec son bébé. Tous les matins, elle parcourt 25 kilomètres à pied et rentre chez elle le soir pour cuisiner pour son mari. L‘école à domicile via des tutoriels lui faciliterait la vie.

Le puits, centre de la communauté

Le nombre d‘enfants dans une école dépend toujours de la présence, ou non, d‘eau. Dans l‘une de nos écoles primaires, le nombre d‘élèves s’est réduit de 1500 à 500 enfants. Comme il n‘y avait plus que des trous de boue puants dans toute la zone de desserte, mais aucune eau propre, de nombreuses familles ont déménagé. Pour stopper l‘exode rural, ACP a chargé une entreprise spécialisée de construire un puits. Le trajet des ouvriers en camion a duré trois jours. Ils ont sondé et trouvé de l‘eau souterraine fraîche à 180 mètres de profondeur, et les forages ont pu commencer. Nous espérons maintenant que les familles qui ont quitté le village se réinstalleront autour du nouveau puits et que le nombre d‘élèves augmentera à nouveau.

Deux poules et un toit de paille
Pour que nous puissions fonder une école, il faut l‘accord des chefs de clan. Ceux-ci doivent « acquiescer ». Mais s‘ils acquiescent, ils soutiennent le projet et veillent à ce que les familles apportent leur contribution. Une cotisation annuelle pour un élève représente l‘équivalent de deux poules. Ce n‘est certes pas beaucoup, mais cela valorise l‘enseignement. Les habitants doivent également construire eux-mêmes la petite école : quelques bancs, un toit de paille et la salle de classe est prête.

Un aveugle qui voit clair
Dans les Nuba Mountains vit un évangéliste aveugle qui s‘est laissé volontairement abandonner par les siens dans la nature. C‘est là qu‘il veut parler de Jésus aux gens. Il prêche, les gens viennent et écoutent. Il prie aussi pour les malades et Dieu les guérit. Beaucoup ont déjà fait la connaissance de Jésus de cette manière. Certains d‘entre eux ont rejoint l‘église de l‘évangéliste aveugle. Ils s‘occupent du pasteur. Pendant la journée, ils lui apportent à manger et le soir, ils le conduisent à sa paillote. De temps en temps, quelqu‘un lui lit un passage de la Bible, puis il prêche sur ces versets. S‘il n‘y a personne qui sait lire, il écoute le Saint-Esprit. Il dit : « Le Saint-Esprit est le meilleur enseignant qui soit. Il me révèle des choses qui touchent tellement le cœur des auditeurs qu‘ils en viennent à croire en Jésus-Christ. »



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