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Sibirien Report 1 2020Sibérie : de glaces éternelles et d’éternité

Ce pionnier des implantations d’églises était coutumier des interventions dans le froid sibérien et les glaces éternelles. Il a rejoint dernièrement le Royaume de l’éternité.

1993, ma première mission d’évangélisation en Russie. Dans un petit village près de Smolensk, avec notre équipe, je suis accroupi pour le repas du soir devant la petite cabane en bois, parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde à l’intérieur. C’est là que je fais la connaissance d’Anatoli Boyachuk.

Un homme de petite taille, d’une nature extrêmement amicale avec toujours un sourire aux lèvres. Il gagne immédiatement mon cœur. Son léger accent ukrainien laisse deviner son origine.

Un an plus tard, nous nous retrouvons. Cette fois en Sibérie, à l’intérieur d’une petite maison en bois dans laquelle il y a encore moins de place que dans celle de Smolensk. Il vit ici avec son épouse et leurs six enfants. C’est de là que partent toutes ses missions.

Durant les 25 années suivantes, ce sympathique ouvreur de route qu’est Anatoli apporte infatigablement la Bonne Nouvelle aux gens et pose la première pierre d’environ deux cents églises locales. Des milliers de personnes rencontrent Jésus-Christ. C’était là son cœur. Il ne recule ni devant les sacrifices, ni devant la fatigue pour répandre son joyeux message jusque dans les coins les plus reculés de Sibérie. Avec Andrei Berglesow, par des températures allant jusqu’à -60°C, il parcourt des milliers de kilomètres, parfois à la vitesse du pas dans les étendues infinies de Sibérie, à travers la neige et la glace. Et là où la voiture ne passe pas, il lui arrive de prendre l’hélicoptère. Une fois, il reste plusieurs semaines dans un village isolé parce que les conditions météo rendent le voyage de retour impossible. Alors, il coupe du bois, prêche et apporte son aide là où on a besoin de lui.

Anatoli n’était pas quelqu’un qui attachait de l’importance à l’apparence ou à la position. Il a retransmis à temps la direction et les responsabilités à ses successeurs. En tant que personne, il laisse un trou incommensurable, mais son travail se poursuit sans relâche.

Avec Anatoli, j’ai perdu, et ACP avec moi, un véritable ami, un authentique modèle et un partenaire remarquable.