25. Juillet 2026

« Parce qu’Il nous aime ! »

TURQUIE
Même s’ils sont exposés à la haine de leurs compatriotes, même s’ils perdent leurs amis et leur famille, les chrétiens de l’extrême est de la Turquie suivent Jésus avec détermination. Et chaque jour, ils sont plus nombreux.

Nous sommes en 2013. Le Proche-Orient traverse l’une des périodes les plus sanglantes de son histoire, sous le joug du terrorisme islamiste. Les combattants d’Allah massacrent tous ceux qui s’opposent activement à la charia, récemment instaurée. En parallèle, des villes entières sont réduites en cendres par de violents bombardements. Des centaines de milliers de personnes sont en fuite, beaucoup cherchent refuge dans la Turquie voisine et s’entassent dans des camps de réfugiés en Anatolie orientale. Partout dans le monde, de nombreuses personnes intercèdent pour cette région et Dieu envoie des chrétiens sur place pour servir dans ces camps.

Une église voit le jour
Tout comme l’Évangile s’est répandu dans le Nouveau Testament par la parole, les actes et la confirmation divine, il a également pris racine ici. L’engagement des chrétiens a conduit, il y a 13 ans, à la naissance, pour ainsi dire, de la première église moderne dans cette province d’Anatolie orientale. Deux locaux loués servaient de lieu de culte. Les membres se comptaient sur les doigts des deux mains. Aujourd’hui, deux mains ne suffisent plus depuis longtemps. Les chrétiens sont encore majoritairement des croyants de la première génération. Ce travail est une œuvre pionnière dans une région exclusivement musulmane, en partie radicale.

Le trésor dans le champ
La jeune église rappelle fortement les premières églises, dont il est largement fait état dans le Nouveau Testament. Ainsi, les paroles de Jésus et de Paul sont très présentes. Discrimination, menaces et violence : tout cela est inévitable pour une mission, menée dans ce contexte. L’Évangile a un ennemi et celui-ci mobilise toutes ses forces pour s’opposer à la diffusion de la Bonne Nouvelle.

Assis sur des coussins à même le sol, je demande à une convertie de 20 ans, fille d’un enseignant islamique, si elle était consciente des conséquences lorsqu’elle a donné sa vie à Jésus. Visiblement surprise, elle répond : « Oui, bien sûr. J’étais consciente des problèmes à venir. » En franchissant ce pas, elle a perdu une grande partie de son entourage social ainsi qu’une partie de sa famille. Que vaut l’Évangile ? Cette jeune femme m’émerveille. Elle a trouvé le trésor caché dans le champ et a tout donné pour le posséder.

La plus grande douleur
Je suis assis sur des coussins, dans la seule pièce chauffée de l’appartement. La famille qui m’accueille a dû déménager deux fois au cours des deux dernières années. Les croyants sont confrontés à la haine, aux accusations et au rejet. Les enfants aussi, et c’est ce qui fait le plus mal aux parents ainsi qu’à moi-même comme auditeur. La génération des enfants qui grandissent ici en tant que chrétiens est confrontée très tôt à la persécution. « Chaque soir, quand mes enfants rentrent à la maison, je leur demande comment s’est passée leur journée. Ce qu’ils ont fait, à qui ils ont parlé, s’ils ont rencontré des difficultés. Selon leurs réponses, je peux leur donner des conseils. Je leur dis à chaque fois qu’ils ne doivent pas maltraiter à leur tour ceux qui s’en prennent à eux. »

La volonté de Dieu comme patrie
Pourquoi une famille décide-t-elle, malgré toutes ces conséquences, d’accepter le mandat missionnaire ? C’est certainement dû au séjour en prison du père avant la fondation de l’église, mais aussi à la réponse claire que la société exige. À la question de leur motivation, ils répondent : « Parce qu’Il nous aime. Nous Lui devons quelque chose pour cet amour, et afin d’honorer notre dette, nous partageons avec tous ce que nous avons reçu. C’est ici notre patrie, c’est la volonté de Dieu. » Chrétien ou non, en Anatolie orientale, il faut choisir. Peut-être avons-nous trop d’alternatives en Europe ? Serait-ce la raison pour laquelle les rangs de nos églises sont désertés, tandis qu’ils se remplissent dans les pays où règne la persécution ?

Des alternatives ?
La jeune femme à qui j’ai posé des questions sur sa conversion à Jésus vient d’ailleurs d’une région qui est actuellement à nouveau le théâtre de violents combats. Au nom de l’islam, les atrocités se succèdent. Et les images des combattants et combattantes tombés au combat, victimes de cette guerre, qui défilent sans arrêt aux informations, montrent que cette souffrance est bien réelle. Non, il n’y a pas d’alternative à l’Évangile de paix et de réconciliation. Ni dans cette région marquée par la guerre et opprimée par l’islamisme radical, ni en Europe. « Parce qu’Il nous aime ! »



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