
2000 nouveaux voisins, mais sans mère
Au Nigeria, les partenaires d’ACP nous rapportent ces événements, qui ont eu lieu au cours des derniers mois : Chakfem et Manja, le 20 juillet : plus de 700 adultes et 860 enfants déplacés. Chisu-Bungha, le 28 août : plus de 320 familles contraintes de fuir. Heipang-Barkin Ladi LGA, le 15 octobre : 270 familles ont perdu des proches, leur maison et leurs récoltes. ACP profite de l’attention médiatique pour rendre le public attentif aux souffrances de nos frères chrétiens au Nigeria. Prenons l’exemple de la famille de Kefas.
Une violence inimaginable
Il y a quelques semaines encore, cette famille vivait dans une hutte chaude et poussiéreuse, au cœur de leur propre ferme. Chaque année, elle plantait des légumes qui se conservaient bien afin de pouvoir se nourrir jusqu’à la prochaine récolte. Mais les nouvelles provenant des villages voisins ont perturbé cette vie rurale idyllique. On parlait de plus en plus souvent d’intrus qui s’en prenaient avec une violence inimaginable aux habitants chrétiens de cette région. Des maisons étaient pillées et incendiées, des agriculteurs agressés et maltraités, des personnes enlevées ou tuées, et des villages parfois presque entièrement rasés.
Kefas, sa femme et leurs cinq enfants adolescents restaient toujours sur leurs gardes après ces avertissements, car le danger pouvait se cacher derrière chaque haie et chaque rocher. Mais toutes les mesures de précaution n’ont servi à rien. Des terroristes ont attaqué leur maison et tué la femme et le nourrisson de quatre mois. Au prix d’un effort considérable, le père a réussi à emmener ses enfants dans un endroit sûr, loin de chez eux. Depuis, la famille vit dans un espace confiné avec plus de 2000 autres réfugiés, mais sans le bébé et sans la mère.
Une pénurie calculée
« Les terroristes rendent les semailles impossibles », explique notre partenaire local, le pasteur Dapar. « Ces perturbations font partie d’une stratégie visant à affamer les familles et à les pousser à prendre la fuite. » Une fois les villageois partis, les envahisseurs islamistes occupent ou détruisent les fermes abandonnées. Impossible d’y retourner. Ceux qui étaient autrefois autosuffisants dépendent désormais de l’aide d’ACP et d’autres organisations humanitaires. Cette tactique n’est pas nouvelle, mais elle a considérablement gagné en ampleur et en intensité au cours des derniers mois. Au nom de Kefas et de ses compagnons d’infortune, le pasteur Dapar lance un appel : « Merci de nous soutenir dans ces épreuves ! »



