29. Juillet 2025

Les fondations de la liberté

CAMEROUN
Violences, mariage forcé et prostitution : autant de prisons que fuient les femmes au Cameroun. Mais pour aller où ? Et vivre de quoi ? Notre foyer pour femmes propose une réponse à ces questions.

Le chantier est en pleine effervescence. À l’aide d’outils simples, les ouvriers délimitent le chantier, puis commencent à creuser la fosse de fondation. C’est un travail physique et pénible, mais qui est bienvenu. En effet, pour beaucoup de jeunes hommes de la région, trouver un emploi n’est pas si simple.

Une nouvelle maison voit le jour
Un foyer pour femmes verra le jour ici même dans les années à venir. Simon et Sara, un couple de pasteurs autrichiens, vivent depuis un an au Cameroun avec leurs enfants. Voici leur vision : « Nous rêvons d’un centre chrétien où femmes, enfants et orphelins seraient pris en charge et enseignés selon la Parole de Dieu. L’objectif est qu’ils puissent découvrir Jésus », expliquent-ils avec enthousiasme.

Les jeunes femmes qui ont fui la violence, le mariage forcé ou la prostitution trouveront dans ce foyer pour femmes un abri temporaire. Pendant leur séjour, elles pourront acquérir des compétences telles que la couture, la coiffure ou les bases d’un petit commerce. L’objectif est qu’elles puissent quitter notre maison après un certain temps et subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants de manière autonome.

Le chantier avance
Les premiers travaux sont déjà visibles : une clôture de sécurité protège le terrain de 2000 mètres carrés et l’approvisionnement en eau est installé. Les fondations et les murs de protection ont aussi été achevés récemment.

La prochaine étape consistera à construire le rez-de-chaussée, qui comprendra six chambres pour les femmes et les enfants. Dès que le toit provisoire sera monté, les premières femmes pourront emménager. Un deuxième étage est prévu dans un second temps, ce qui permettra au foyer pour femmes d’atteindre sa pleine capacité.

 

« La détresse des femmes nous a émus. »

ACP actualités: Simon et Sara, vous avez déménagé au Cameroun avec vos trois enfants. Pourquoi ce grand saut dans l’inconnu ?
Simon:
Je viens de la campagne, où dix kilomètres en voiture représentent déjà un voyage autour du monde ! Nous n’avions pas prévu de quitter l’Autriche, mais Dieu a commencé à nous parler. Nous étions pasteurs d’une église quand Dieu a mis sur notre cœur, pendant plusieurs mois, le fardeau des femmes et des enfants rejetés au Cameroun. En tant que coachs et travailleurs sociaux de longue date, nous avons compris que Dieu voulait mettre notre expérience au service du pays d’origine de Sara, le Cameroun.

Quels défis avez-vous rencontrés avant de franchir cette étape ?
Je suis né avec un grave handicap physique. Il y a quelques années encore, déménager au Cameroun m’aurait semblé impossible. Mais petit à petit, Dieu m’a guéri, et il m’a sans cesse mis au défi. Finalement, j’ai pris confiance en moi et j’ai compris qu’avec l’aide de Dieu, je pouvais faire beaucoup de choses dont les autres ne me croyaient pas capable.

Et maintenant, vous soutenez au Cameroun des femmes en situation difficile. Pourquoi y a-t-il besoin d’un foyer pour femmes ?
Sara: La violence domestique est très répandue, et il existe peu de structures pour venir en aide aux victimes. Ce sont en particulier les jeunes femmes qui en souffrent. Dans la culture africaine, l’homme occupe une position particulièrement forte, et considère la femme comme sa propriété. Quand il est en colère, il a le droit de la frapper. Il peut faire ce qu’il veut, y compris la chasser de la maison.

Les jeunes femmes, et même des adolescentes, tombent enceintes très tôt parce qu’elles ne sont pas suffisamment informées. Beaucoup de pères renient leurs filles lorsqu’ils découvrent leur grossesse, et les renvoient chez leurs partenaires violents. Si elles refusent de rester avec eux, elles se retrouvent à la rue ou souvent dans la prostitution, si elles n’ont pas de formation. Nous voulons leur offrir de l’aide et une alternative.

Qu’est-ce que vous préférez au Cameroun ? Qu’est-ce qui vous réjouit le plus ?
Ce sont les gens ! Les Camerounais sont chaleureux, serviables et reconnaissants. Ils ne considèrent pas comme acquis que des personnes venues d’ailleurs s’intéressent à leurs besoins. Je ressens cette gratitude et cet émerveillement : « Wow, Dieu a pensé à nous ! »

Merci beaucoup Simon et Sara pour cet aperçu de vos projets, et tout de bon au Cameroun !



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