09. Mai 2022

Par voie détournée vers le danger

50 ANS D'ACP ALLEMAGNE
Idi Amin — le boucher de l'Afrique. Un an après sa chute, l'Ouganda était encore marqué par la violence et le déclin économique. Extrait du récit de voyageurs courageux.

Nous sommes en 1980. Le nom du dictateur ougandais Idi Amin est synonyme d'horreur et de terreur. De l'époque de son règne violent, de 1971 à 1979, on déplore entre 300 000 et 400 000 morts. Alors que d'autres missionnaires ont quitté le pays, ACP part dans la direction opposée.

Nous avons envoyé des conteneurs outre-mer à Mombasa, au Kenya. De là, l'aide doit être acheminée par voie terrestre. Une mission difficile ! D'abord, nous n'arrivons pas à faire sortir les conteneurs du port des semaines durant, puis nous devons nous frayer un chemin jusqu'en Ouganda. Une étape nous mène en direction de Nakuru. Le soir tombe. La pluie commence à tomber, rendant la conduite encore plus risquée sur les routes déjà catastrophiques. Un camion arrivant en sens inverse déjà presque de notre côté nous oblige à faire une manœuvre d'évitement. Le petit coup de volant sur la route glissante suffit à nous faire dégringoler la pente abrupte. Après avoir pu stopper, nous faisons le bilan des dégâts : seulement une vitre brisée, mais le véhicule est encore en état de marche et tout le monde est indemne ! Pour nous, c'est un miracle. Dans cette situation, Dieu parle à mon cœur : « Je vous ai protégés ici, je peux faire de même en Ouganda. »

Depuis toujours, ACP fait passer des Bibles en contrebande avec passion. Cette fois-ci, il s'agit de faire passer la frontière à de l'essence sans se faire remarquer. Comme il n'y a actuellement rien à acheter en Ouganda, nous devons tout emporter avec nous. Mais il est interdit d'exporter de l'essence depuis le Kenya. Nous passons donc la frontière par des chemins détournés. Le chemin traverse le territoire de la tribu belliqueuse des Karamojong. La « route » est marécageuse ; nous avançons difficilement. Soudain, nous nous retrouvons face à un groupe de guerriers, tous armés de lances. Que faire ? Impossible de faire demi-tour. Nous continuons notre route en priant intérieurement et en leur faisant des signes amicaux. Et ils nous répondent en souriant ! Le lendemain, nous apprenons que plusieurs personnes ont été tuées la veille dans cette région.

Les distributions suscitent une joie et une gratitude débordantes. Certaines personnes n'ont littéralement rien à se mettre. Nous les entendons chanter de loin : « Dieu est si bon ! »

Après six semaines pleines de dangers, nous rentrons sains et saufs. Dieu a tenu Sa promesse.



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